En 2017, un concours de circonstances nous permet de planifier notre randonnée annuelle mère/fils+belle fille en s’inspirant de notre premier voyage à vélo autour du Lac Champlain. Réalisé quatre ans plus tôt, les souvenirs de celui-ci sont toujours aussi vifs et nous espérons recapturer des moments similaires. Maintenant plus expérimenté et à l’aise, notre parcours nous amènera beaucoup plus loin que Port Kent pour emprunter le Champlain Bridge avant de revenir vers le nord. Ma mère étant partie aux États-Unis une semaine plus tôt nous rejoint à Plattsburgh bien que Sophie et moi partons de Montréal. Ce sera aussi le premier voyage avec son beau nouveau vélo, un kona sutra, et l’organisation de ces bagages sans mes conseils. Je lui refile deux choix de sacs à vélo lui précisant qu’elle choisira celui qu’elle préfère et me disant qu’elle doit bien savoir quoi apporter après trois voyages.
Sophie et moi partons de Montréal le jeudi soir après le travail pour se rendre au B&B Le Répit de Rémi. Notre hôtesse Françoise nous mentionne que nous devrons faire un détour comme des travaux de canalisation sont en cours. Tout compte fait, il avait littéralement plus de rues, mais un canyon à la place et le détour se fait sur les pelouses des voisins pour nous rendre. Heureusement qu’on était à vélo! Le vendredi s’amorce avec une température idéale et nous conduit jusqu’à Plattsburgh en longeant Champlain après la traversée de la frontière. Ma mère nous rejoint en soirée après une journée de conduite fatigante, mais excitée pour notre randonnée.
La température est au rendez-vous pour débuter notre périple et, tant mieux, car notre parcours s’annonce décent côté distance, mais vallonnée pour la première journée de vélo de ma mère. En organisant nos vélos, je remarque que ma mère a rempli les deux sacs que je lui avais fournis, en plus d’avoir apporté son coffre arrière! Je l’avertis qu’elle a paqueté beaucoup trop, mais elle m’assure qu’elle a absolument besoin de tout… Bah! Je la laisse faire comme c’est elle qui trimbalera le tout. Comme de fait, les vingt premiers kilomètres se déroulent bien avec peu de dénivelés, mais rapidement les côtes émergent. Après quelques montées, je constate que ma mère semble forcer beaucoup et être à la traîne. Après une ascension lente où je l’observe s’arrêter souvent et commencer à pousser le vélo à pied, je redescends à pied pour lui donner un coup de main (en songeant au trop de bagage). Pendant qu’elle fait le reste à pied, j’enfourche le vélo pour pédaler le reste du chemin. Ah! Je peine à donner un coup de pédale. Les vitesses sont sur le plus grand plateau. Pour une montée, c’est de la torture et complètement à l’encontre de la technique à utiliser! Je confronte ma mère et elle pensait qu’en forçant plus elle monterait plus vite… Je corrige sa conception (ascension=plus petit plateau+plus grand pignon=moins d’effort, si beaucoup plus lent). [Sophie : Et oui, nous, pauvres mortels ordinaires, devons nous contenter d’utiliser le “granny gear” dans les montées] Le reste du parcours se déroule beaucoup mieux jusqu’à Essex et heureusement que nous n’avons pas de campement et de bouffe à préparer.
Cette deuxième journée de vélo pour ma mère s’annonce plus pénible comme elle a forcé outre mesure hier et, même si la distance à parcourir est plus courte, le dénivelé est similaire donc beaucoup plus de montées. On prend un rythme bretteux pour conserver notre énergie et la journée se déroule relativement bien jusqu’aux deux derniers kilomètres où une énorme montée nous attend avant d’arriver. Je vois le visage démoralisé de ma mère et je lui propose de prendre ses sacs pour le reste du chemin (et concrètement, je propose Sophie et moi). [Sophie : ☹] Bien que ma mère fût très contente, j’ai senti le jugement de Sophie tout au long de la montée de 1. l’avoir proposé, et 2. de ne pas avoir incité plus fermement pour les bagages de ma mère. Au moins la vue qui nous attend au sommet est spectaculaire et le Edgemont Inn magnifique avec un accueil chaleureux d’une bonne bière et une lasagne maison pour notre souper.
Après une bonne nuit de repos et un déjeuner copieux, nous partons braver notre plus grande journée en termes de distance et de dénivelé, mais celle-ci se déroule incroyablement bien et nous engouffrons les kilomètres. Le Champlain Bridge nous offre une vue imprenable des environs avant de passer au Vermont. Nous continuons notre chemin tranquillement à travers les champs et une rencontre inusitée avec des dindons sauvages jusqu’à Shelburn.
Notre dernière journée nous fait suivre le Burlington bike path jusqu’au Island Line Trail qui était la meilleure partie de notre voyage en 2013. La piste est toujours aussi bien entretenue et les vues du lac Champlain sont magnifiques surtout en plein milieu du Lac du Island Line Trail. Malheureusement, toute bonne chose à une fin et, après nous être réfugiés sous un abri pour déguster des beignes frais, nous nous rendons jusqu’au traversier pour rejoindre Plattsburgh pour un retour en voiture à Montréal. Bien que le voyage se distingue celui qui a engendré notre passion pour le cyclotourisme, les souvenirs créés lors de ce retour à la source sont tout aussi précieux et mémorables.






































